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Nouvelles et ressources

Faire valoir le droit des femmes à la terre au Cameroun


Nouvelles et ressources

 

Geneviève Drouin, membre du personnel d’Abri international, a passé un mois au Cameroun en janvier-février 2006, travaillant en collaboration avec notre partenaire, la CONGEH.

 

Le Cameroun est un magnifique pays où, comme certains le disent, on trouve toutes les formes de terres possibles. Le Nord est un désert qui, lorsqu’on se déplace vers le Sud se transforme en savane pour enfin devenir une forêt tropicale au Sud-Est. L’Ouest est montagneux et caractérisé par une certaine activité volcanique et des lacs sulfureux qui se déversent dans la plaine côtière dans le sud de l’Atlantique. Toute cette beauté cache cependant une lutte généralisée pour l’accès à ces terres, en particulier pour les femmes. Le problème est particulièrement aigu dans les centres urbains. À Yaoundé, la capitale densément peuplée où j’ai découvert le Cameroun, les gens ont construit des maisons et des communautés sur des terres qu’ils pourraient devoir quitter à tout moment. 

 

La majorité des Camerounais dans les centres urbains vivent dans un état permanent d’incertitude en ce qui concerne leur droit d’occuper les terres. À Yaoundé, environ 80 p. cent des ménages ne détiennent pas le titre de propriété légal des terres qu’ils occupent. Une promenade dans la ville révèle les conséquences visibles de cette situation. Sur les terrains non viabilisés, les services d’électricité, de plomberie et de collecte des déchets sont improvisés. Dans certains quartiers, il y a des indications de ce qui était auparavant une communauté, mais le gouvernement a exproprié les terrains et ordonné de raser au sol les maisons et les commerces sans avertissement, ni dédommagement ou autres dispositions pour que les gens puissent s’établir ailleurs. Dans d’autres quartiers, les titres de propriété des terres ont doublé et, dans certains cas, triplé ou quadruplé. Comme le souligne Léon Guy Mfomou, le directeur de la CONGEH, notre partenaire au Cameroun, «cela peut avoir des conséquences désastreuses pour une famille qui a investi toutes ses économies pour acheter un terrain, juste pour découvrir que ce terrain ne leur appartient pas». Cette incertitude au niveau des titres de propriété touche des communautés entières, mais les femmes, qui ont moins de choix, sont plus durement touchées.

 

La CONGEH a trouvé une réponse concrète à ce problème qui semble s’implanter de plus en plus. La clinique de consultation sur les terres offre des ressources et un appui aux personnes confrontées à un problème d’incertitude au niveau de leur logement et de leur titre de propriété. Elle privilégie l’accès égal des femmes à la propriété et le contrôle sur les terres, ainsi que le droit égal à un logement adéquat. Léon Guy précise que, «dans un contexte où les formes  traditionnelles de répartition des terres se sont heurtées à des lois et à des politiques nationales plus récentes, il n’est pas toujours clair quels sont les droits d’une personne à l’égard d’un terrain en particulier, surtout lorsqu’il s’agit des femmes. De plus, il y a des femmes seules qui, sans terre ni logement approprié, s’efforcent de subvenir aux besoins de leur famille sans savoir si elles ont le droit d’hériter ou d’être propriétaire d’un terrain.»

 

La CONGEH essaie de compiler de la documentation au sujet des droits à la terre, en particulier en ce qui touche les femmes. Cette documentation sera réinterprétée pour le bénéfice de la population. Le but est de promouvoir une meilleure compréhension des droits à la terre et des possibilités qui existent pour faire valoir ces droits. C’est un service très utile en l’absence d’un système de soutien économique et social universel.  La CONGEH emploie également ses ressources pour convaincre le gouvernement et les responsables locaux d’appliquer les lois et les politiques en place. Cette initiative s’étend à l’échelle du réseau Femme et habitat de la sous-région Afrique francophone de la Coalition  Habitat international, un réseau international de défense du droit à la terre qui est basé en partie dans les bureaux de la CONGEH. Déjà, au moins cinq membres du réseau ont emboîté le pas à la  CONGEH en établissant des cliniques de consultation sur les terres, où les gens peuvent connaître leurs droits et les choix qui s’offrent à eux, et où des organismes non gouvernementaux et communautaires déploient des efforts sérieux pour obtenir un changement.