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Mise à jour – Les coopératives d’habitation du Kenya durement touchées par la violence postélectorale

La violence postélectorale au Kenya a causé plus de 800 décès et déplacé plus de 250 000 personnes. Le conflit a entraîné des pertes de revenus, de logements, de récoltes, de biens et d’écoles – mais le pire, c’est que beaucoup perdent l’espoir. Selon Mary Mathenge, la directrice générale de la National Cooperative Housing Union (NACHU), «personne ne sait ce que réserve l’avenir parce que la destruction gratuite de vies et de biens ne semble pas avoir de fin.»

 

La NACHU est le plus ancien partenaire d’Abri international à l’étranger. Elle regroupe beaucoup de coopératives d’habitation dans les régions touchées : les «bidonvilles» de Kibera et de Mathare à Nairobi; la vallée du Rift dans l’ouest du Kenya; et les villes de Kisumu, Nakuru, Naivasha, Molo, Kaptembwa et Eldoret.

 

À Kibera, l’Akwana Housing Cooperative Society, qui regroupe 600 membres, est au cœur du conflit. Les membres se sont fait vandaliser leur maison et les entreprises se sont fait piller leurs biens. «Ils ont détruit ma maison et volé les dalles de la toiture», précise Yasin, le secrétaire de la coopérative. «Ils ont également volé mon épicerie et emporté deux ordinateurs dans la pièce voisine où mon garçon exploitait son entreprise de cybercafé. Maintenant nous ne savons pas comment nous allons survivre. Nous dépendions de ces petites entreprises.»   

 

Les 37 membres de l’Owab Housing Cooperative Society dans la Vallée de Mathare ont été obligés de quitter leurs maisons. «Nous savons que certaines personnes ont déjà occupé nos maisons et qu’elles ont pris tout ce que nous avions laissé derrière», souligne Zipporah, le secrétaire.

 

En tout, 64 personnes ont été tuées à Nakuru, la capitale provinciale de la vallée du Rift, les 26 et 27 janvier. «Nous avons vu de la fumée s’élever dans la direction où moi et ma famille et d’autres membres habitions», souligne George, le trésorier de l’Upendo wa Jirani Housing Co-op. Beaucoup de ces personnes ont été prises dans les conflits au sujet des terres en 1992 et s’étaient relocalisées à Nakuru, après avoir quitté Molo et Burnt Forest. À l’aide des prêts de la NACHU, ils avaient construit des maisons et s’étaient établis à Nakuru. Le conflit actuel les a obligés à recommencer à zéro. Ils sont de nouveau vulnérables maintenant. Mary Mathenge, de la NACHU, souligne que «ceux qui ont des petits enfants ont la lourde tâche de les protéger contre les effets psychologiques». 

 

À Kaptembwa, deux coopératives totalisant 110 ménages ont été touchées. Certaines maisons des membres ont été vandalisées et d’autres démolies ou brûlées. M. Mburu, le président de l’Upendo wa Jirani Housing Co-op, est la seule personne à rester dans sa maison. «J’ai déplacé ma famille au centre de la ville où ils sont en sécurité», précise-t-il. «Je dois m’assurer que ma maison et les autres propriétés laissées derrière ne sont pas vandalisées.» 

 

À Eldoret, les 17 membres de la Kihoko Housing Cooperative Society, qui avaient acheté des terres et érigé des maisons convenables, ont été laissés sans abri, puisque toutes les maisons sauf une ont été rasées au sol.

 

Malgré les efforts de médiation entre le président Mwai Kibaki et le chef de l’opposition Raila Odinga, beaucoup de membres de coopératives sont maintenant dans des camps pour personnes déplacées à l’intérieur du pays. Leur objectif s’est déplacé : auparavant, ils cherchaient à se bâtir une meilleure vie et maintenant ils essaient simplement de survivre. 

 

La NACHU continue de recueillir de l’information et les dirigeants des coopératives d’habitation se réunissent pour mieux évaluer l’impact et planifier les réactions possibles. Abri international appuie ce processus et nous tiendrons les Canadiens informés au sujet de ce qu’ils peuvent faire pour aider la NACHU et ses coopératives membres.